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Les directivités des microphones

  • Photo du rédacteur: Franck
    Franck
  • 24 oct.
  • 4 min de lecture

La directivité (ou diagramme polaire) d’un micro décrit comment il capte les sons en fonction de leur provenance (avant, côté, arrière). C’est un facteur clé pour choisir un micro et décider de son placement.


directivités des microphones
directivités des microphones

Sommaire :


1. Omnidirectionnel (Omni)

  • Principe : capte le son également dans toutes les directions (360°).

  • Avantages : restitution naturelle de la pièce, pas d’effet de proximité marqué, très fidèle.

  • Inconvénients : capte aussi les bruits ambiants et les réflexions non désirées → déconseillé dans une pièce mal traitée.

  • Usages typiques :

    • Enregistrement d’ambiance, orchestre, chœurs.

    • Instruments acoustiques si l’acoustique est belle.

    • Prises “naturelles” (piano, cordes).

Placement : plus de liberté, car pas besoin d’être collé à la source. On peut reculer pour inclure le son direct + acoustique de la salle.


2. Cardioïde (Unidirectionnel)

  • Principe : forme de cœur, capte surtout l’avant, rejette l’arrière.

  • Avantages : très utilisé en studio. Rejette les bruits de fond, moins sensible à la pièce. Contrôle des bruits indésirables.

  • Inconvénients : effet de proximité marqué (augmentation des basses quand on s’approche beaucoup), ce qui peut dénaturer la source si mal géré.

  • Usages typiques :

    • Voix en studio.

    • Instruments en solo (guitare acoustique, vents, percussions).

    • Batterie (caisse claire, toms).

Placement : à 10–30 cm d’une voix ou d’un instrument. Attention aux plosives (prévoir un filtre anti-pop). L’orientation est importante : on dirige l’avant du micro vers la source.


3. Supercardioïde et Hypercardioïde

  • Principe : plus directionnels que le cardioïde. Captent surtout l’avant, mais avec une petite ouverture arrière (surtout pour l’hypercardioïde).

  • Avantages : excellent isolement d’une source dans un environnement bruyant ou avec plusieurs instruments proches.

  • Inconvénients : plus sensibles aux bruits venant de l’arrière (zone étroite). Placement plus exigeant. Effet de proximité encore plus marqué.

  • Usages typiques :

    • Batterie (grosse caisse, toms) → pour isoler chaque élément.

    • Voix sur scène ou en cabine mal isolée.

    • Instruments dans un mix serré (prise live avec plusieurs musiciens).

Placement : proche de la source, mais il faut faire attention à ce qui se trouve derrière le micro (car il capte légèrement).


4. Bidirectionnel (Figure-8)
  • Principe : capte l’avant et l’arrière, rejette les côtés.

  • Avantages : utile pour capter deux sources opposées (exemple : duo face à face), ou pour des techniques stéréo (Mid/Side, Blumlein).

  • Inconvénients : capte beaucoup d’ambiance si la pièce est réverbérante. Fragile si mauvaise acoustique.

  • Usages typiques :

    • Micros ruban (souvent figure-8 par défaut).

    • Techniques stéréo avancées (MS, Blumlein).

    • Voix + guitare (un chanteur qui joue, micro placé de façon à prendre les deux faces).

Placement : idéal pour enregistrer deux musiciens face à face. Dans une prise solo, on oriente l’arrière du micro vers une zone “propre” ou traitée.


5. Multidirectionnel / Micro à directivité variable
  • Principe : certains micros à condensateur de studio permettent de changer la directivité (omni, cardioïde, supercardioïde, figure-8, et positions intermédiaires).

  • Avantages : très polyvalent, un seul micro peut servir à plein de situations.

  • Inconvénients : souvent plus cher, plus sensible aux défauts de la pièce.

  • Usages typiques :

    • Studios professionnels qui veulent flexibilité.

    • Expérimentation avec techniques stéréo (ex : deux micros multipolaires pour de l’ambiophonie).

    • Voix, instruments, ambiance… tout selon le réglage choisi.

Placement : dépend de la directivité choisie. Par exemple :

  • en cardioïde, proche de la bouche avec filtre anti-pop.

  • en omni, plus éloigné pour capter la pièce.

  • en figure-8, pour enregistrer deux sources en face à face.


Schéma récapitulatif (simplifié)

  • Omni → capte tout autour (cercle).

  • Cardioïde → capte devant, rejette derrière.

  • Super/Hypercardioïde → capte plus serré devant, petit lobe derrière.

  • Figure-8 → capte devant et derrière, rejette les côtés.

  • Variable → combine plusieurs schémas.


Tableau des directivités de microphones

Directivité

Schéma polaire

Avantages

Inconvénients

Utilisations typiques

Fourchette de prix*

Omnidirectionnel

360° autour du micro

Son naturel, pas d’effet de proximité, capte toute la pièce, excellent pour orchestres/ambiances

Capte aussi tous les bruits parasites et réverbérations → déconseillé en pièce non traitée

Orchestres, chœurs, piano, guitare acoustique, ambiances de salle

Micros omni ≈ 150–800 € (petit condenseur) ; modèles haut de gamme >2000 €

Cardioïde

En forme de cœur, capte surtout l’avant

Le plus polyvalent, bon rejet de l’arrière, limite les bruits de pièce

Effet de proximité marqué (basses amplifiées quand on s’approche), pas idéal pour ambiances

Voix, instruments solo, batterie (caisse claire, toms), guitare

80–200 € (SM57, etc.), jusqu’à 2000 € (Neumann, AKG, etc.)

Supercardioïde

Plus resserré devant, petit lobe arrière

Excellent isolement d’une source dans un mix dense ou bruyant

Doit être placé avec précision ; capte un peu l’arrière ; effet de proximité fort

Batterie (grosse caisse, toms), voix live, instruments amplifiés

200–800 € (Sennheiser e906, Audix D4), jusqu’à 1500 €

Hypercardioïde

Encore plus resserré devant, lobe arrière plus prononcé

Très directionnel, idéal en environnements bruyants

Capte fortement l’arrière ; placement délicat

Batterie, percussions, instruments en live serré

250–1000 €

Bidirectionnel (Figure-8)

Capte avant + arrière, rejette côtés

Parfait pour deux sources opposées, techniques stéréo (MS, Blumlein), très musical sur rubans

Capte l’arrière → sensible aux réflexions de pièce ; fragile si ruban

Voix + guitare, duos face à face, rubans vintage, prises stéréo

400–800 € (rubans modernes), jusqu’à >2000 € (AEA, Royer, Coles)

Multidirectionnel (variable)

Choix entre omni, cardioïde, super, figure-8 (ou intermédiaires)

Extrême polyvalence, un seul micro = plusieurs usages, idéal en studio

Plus cher, plus sensible à l’acoustique, nécessite bonne alimentation/préamp

Studios pros, voix, instruments, expérimentations stéréo

600–1500 € (AKG C414, Neumann TLM107), jusqu’à >3000 €

*💡 Les fourchettes de prix dépendent surtout du type de capsule (condensateur, ruban, dynamique) et de la marque. Ici je vous donne une estimation générale en neuf, mais il existe des modèles d’occasion ou entrée de gamme plus accessibles.


Les directivités des microphones (2025 - studioenregistrement.fr)


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