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Comment remixer une musique

  • Photo du rédacteur: Franck
    Franck
  • 19 nov.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 nov.

Le guide complet pas à pas


Comment remixer une musique

Remixer, c’est prendre une œuvre existante (une chanson, un instrumental, une voix) et la réinterpréter : changer l’arrangement, le tempo, le groove, les sons, l’ambiance — tout en conservant un lien reconnaissable avec l’original. Un bon remix devient sa propre version artistique : il fait entendre la chanson autrement, souvent en ciblant un public ou un contexte (club, radio, bande son, chill, etc.).

Voici un guide pratique, étape par étape, pour réussir un remix — du concept à la piste finalisée — plus des conseils sur les outils et sur la valeur ajoutée attendue d’un remix réussi.


1) Avant de commencer : obtenir les sources et respecter le droit d’auteur

  • Stems : idéalement demande les stems (pistes séparées : voix, basse, batterie, synthés). Contacte le label ou l’artiste.

  • Acapella / isolation : si tu n’as pas de stems, tu peux isoler la voix ou d’autres éléments avec des outils d’extraction (Spleeter, Demucs, services en ligne comme Lalal.ai). Les résultats varient mais suffisent souvent pour démarrer.

  • Permission : un remix officiel nécessite souvent l’accord du détenteur des droits. Pour usage privé ou d’apprentissage, reste prudent si tu veux diffuser/monétiser publicement.


2) Choisir ton objectif créatif

Décide ce que tu veux faire avant d’ouvrir ton DAW :

  • Transformer de la pop en techno ? (changement de tempo & énergie)

  • Faire un remix lounge/downtempo ? (ralentir, atmosphères)

  • Remix club/EDM ? (buildups, drop, bass)

  • Réinterprétation minimale/expérimentale ? (réarrangement extrême)

Un objectif clair guide toutes tes décisions techniques et artistiques.


3) Logiciels et outils recommandés

(Choix selon budget et workflow)

DAW (Digital Audio Workstation)

  • Ableton Live — excellent pour remixes, warping et live.

  • FL Studio — bon pour beatmaking et workflow pattern.

  • Logic Pro — complet et très performant (Mac).

  • Reaper — léger, très flexible, pas cher.

  • Pro Tools — standard studio (mix/master pro).

Gratuits / low-cost

  • Cakewalk by BandLab (Windows), Tracktion Waveform Free, Audacity (édition basique) — utiles mais plus limités.

Plugins et instruments

  • Synths : Serum, Massive, Sylenth1 (ou alternatives gratuites).

  • Effets : compresseurs, égaliseurs (FabFilter, Waves, ou plugins natifs).

  • Samples & drums : packs de qualité, loops, percussion.

Outils d’isolation / acapella

  • Spleeter, Demucs, Lalal.ai, iZotope RX (plus pro).

Mastering

  • Outils intégrés au DAW, ou services/plug-ins (Ozone d’iZotope, T-RackS).


4) Workflow étape par étape

Étape A — Analyse de l’original

  1. Écoute active : identifie la phrase vocale principale, le hook, la structure (couplet/refrain/bridge).

  2. Tempo & tonalité : détecte le BPM et la clé (DAW, Mixed In Key ou oreilles). Décide si tu gardes clé/tempo ou si tu changes.

  3. Stems prioritaires : choisis ce que tu veux garder (souvent la voix ou le hook mélodique).

Étape B — Préparer ton projet

  1. Crée un projet au bon BPM (si tu changes le tempo, ajuste l’acapella via time-stretch/pitch).

  2. Importe stems / acapella et aligne-les sur la grille. Verifie la phase et l’intonation.

  3. Marque les points importants (moments de hook, paroles clés) avec des marqueurs.

Étape C — Construire la base rythmique et harmonique

  1. Programmer drums : crée un groove adapté au style (kick, snare/clap, hi-hats, percs).

  2. Nouvelle basse : conçois une ligne de basse qui supporte la voix et le groove (sub bass pour EDM, basse ronde pour house).

  3. Accords / pads : pose des nappes ou accords pour changer l’ambiance (réharmoniser si nécessaire).

Astuce : si tu veux flipper l’harmonie, transpose la voix avec précaution (autotune/pitch correction peut aider).

Étape D — Reprendre, découper et réinterpréter l’original

  1. Chopping : découpe des phrases instrumentales ou vocales pour créer de nouveaux motifs rythmiques.

  2. Re-arrangement : réorganise les parties (par ex. place le hook au début, crée un build-up avant le drop).

  3. Ajoute des éléments originaux : riffs synth, FX, contre-mélodies, fills de batterie.

Étape E — Transitions et dynamique

  1. Buildups / risers / impacts pour créer tension et release.

  2. Automation (filtres, volume, réverb) pour donner vie au morceau.

  3. Breakdowns — les moments calmes où la voix brille; parfait pour un contraste fort.

Étape F — Mixage

  1. Équilibrage des niveaux : habille bien la voix vis-à-vis de la basse/drums.

  2. Équalisation : carve les fréquences pour éviter les masquages (par ex. coupe les médiums inutiles sur la basse si la voix s’y trouve).

  3. Compression : contrôle dynamique (sidechain compression sur la basse/kick pour plus de place).

  4. Spatialisation : réverb, delay, panning pour placer chaque élément.

  5. Automations : pour faire respirer la piste.

Étape G — Mastering (ou envoi au mastering)

  1. Limiter pour atteindre un niveau cohérent.

  2. Égalisation finale et compression multibande si nécessaire.

  3. Contrôle de la dynamique : attention à ne pas écraser la vie du mix.


    Si tu n’es pas confiant, envoie à un ingénieur mastering ou utilise un service/outil spécialisé.


5) Exemple concret (remix pop → deep house) — mini-checklist pratique

  1. BPM original 100 → choisir 120 pour deep house.

  2. Extraire acapella, time-stretch (préserver formants).

  3. Créer kick house, clap sur 2 & 4, hi-hat groove.

  4. Baseline ronde en sidechain avec le kick.

  5. Pads larges et accords jazzy pour couleur deep house.

  6. Hook vocal placé en intro + drop minimal avec groove.

  7. Automation filtre sur le pad pendant buildups.

  8. Mix tight, mastering doux, limiter -3 dB headroom.


6) La valeur ajoutée : qu’est-ce qui fait un bon remix ?

Un bon remix n’est pas juste « la même chanson avec d’autres sons ». Il doit apporter au moins une (ou plusieurs) de ces valeurs :

  1. Nouveau point de vue artistique : transformer l’émotion (rendre une chanson triste en dansante ou vice-versa).

  2. Réarrangement efficace : surprendre l’auditeur tout en gardant le hook.

  3. Énergie adaptée au contexte : club, radio, chill, BGM — le remix doit servir son usage.

  4. Sons et production de qualité : choix sonore cohérent, sons propres et impactants.

  5. Originalité : introduire un motif, un riff ou une texture qui rend le remix mémorable.

  6. Respect de la voix/hook : si tu changes trop le hook identifiable, tu perds la connexion; gardes-en l’essence.

  7. Dualité familiarité/ surprise : assez de repères pour reconnaître la chanson, mais assez de nouveautés pour justifier l’écoute.


7) Conseils pratiques & pièges à éviter

  • Ne pas noyer la voix : surtout si elle est l’atout principal.

  • Garder du headroom lors du mix pour le mastering.

  • Éviter l’overprocessing des stems extraits — l’isolation peut créer des artefacts.

  • Tester sur plusieurs systèmes (écoute casque, monitors, téléphone, voiture).

  • Sauvegarder les versions : A/B testing entre version « proche de l’original » et version « radicale ».

  • Feedback extérieur : demande à d’autres producteurs ou auditeurs de confiance.


8) Check-list finale avant publication

  • [ ] As-tu la permission pour diffuser / commercialiser ?

  • [ ] La voix/stems sont clean (pas d’artefacts majeurs) ?

  • [ ] Le mix tient sur différents systèmes ?

  • [ ] Le morceau a un moment fort (drop, hook) mémorable ?

  • [ ] Les métadonnées (titre, crédits : Remix by, Original Artist) sont prêtes ?


9) Ressources pour aller plus loin

  • Tutoriels DAW (YouTube) centrés sur remixes.

  • Packs de samples/one-shots pour drums et FX.

  • Communautés (forums, Discord) pour feedback.

  • Cours en ligne sur sound design et mix/master.


Conclusion rapide

Remixer, c’est un mélange de respect et d’audace : respecter l’âme d’une chanson tout en y apportant ta signature. Le processus technique (stems, DAW, sound design, mix/master) est important, mais la vraie plus-value vient de l’idée artistique — le choix d’un point de vue surprenant et cohérent. Lance-toi : commence petit, recaptes la voix ou le hook, construis un groove nouveau, et iteratively polish. Chaque remix bien fait est une carte de visite sonore pour ton style.


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